Archives mensuelles : septembre 2013

Qui veut gagner des millions ? (Partie 2)

La première séance consiste donc au visionnage de la vidéo et l’explication de la question :

Pour ceux qui n’auraient pas suivi le premier épisode, la question est : Qu’est-ce qui représente un quart de la longueur du corps d’un bébé et plus qu’un huitième à l’âge adulte ?
La main, la tête, la jambe ou le gros orteil ?

J’en profite pour présenter l’émission et son présentateur (très connu et très populaire en Allemagne) avec la complicité de deux élèves allemands et aficionados de l’émission (heureusement ils ont raté cet épisode et vont devoir se creuser les méninges comme les autres !)

Nous nous quittons donc avec la question en suspens. Un certain nombre d’élèves penche déjà vers la bonne réponse (allez je vous le dis, c’est la tête 😉 ). La seconde séance et les suivantes consistent en la mise en place d’une stratégie d’expérimentation permettant d’avoir une « intuition » de la réponse. Bien évidemment, Günther Jauch livre avec son show de présentateur une excellente idée : les élèves vont se mesurer et calculer les rapports que constituent leurs parties du corps par rapport à la taille complète du corps.

Direction le magasin de bricolage le plus proche pour se procurer des mètres en papier. Vous n’imaginez pas comme les élèves aiment à expérimenter en cours de mathématiques. Cela leur paraît tellement incongru (bon en même temps les miens commencent à avoir à l’habitude, je l’avoue…) . Ils sont en action dans le cours de mathématiques en allemand, se mesurent les uns les autres. Voici la fiche de travail distribuée à cette occasion :

WWM

Dans un premier temps, je demande aux élèves de noter la question et les réponses. Puis ils ont deux tableaux à leur disposition pour inscrire d’une part les mesures (Messungen) , d’autre part les rapports (Brüche).

Certains auront peut-être remarqué la colonne « Bei der Geburt », à la naissance. Je vous expliquerai donc en partie 3 comment nous avons mesuré mes élèves à la naissance (ou presque…) .

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Génèse d’un projet #ProjetLivre

Cette aventure a commencé fin Mai 2013.

Figurez-vous qu’à part les maths et la pédagogie, j’ai d’autres passions dans la vie. Par exemple, la voile. Mais j’habite trop loin de la mer.

Alors, il y a quelques années j’ai découvert le jeu de Go. Et après avoir posé les premières pierres, je joue désormais quelques tournois. J’étais donc fin mai 2013 au tournoi de Go de Darmstadt et je fis la connaissance de Steffi Hebsacker, éditrice et vendeuse de contenus liés au go. C’est par son intermédiaire que j’ai découvert ce livre pour enfant tout mignon pleins de potentiel pédagogique : Ein Dreieck, ein Viereck, ein Fünfeck, was nun ? (Soit : « Un triangle, un quadrilatère, un pentagone, et puis ? » )

Annika Meike Wille. Ein Dreieck, ein Viereck, ein Fünfeck, was nun?

La semaine suivante, je commandais le livre dans ma librairie de quartier préférée. Je le montre à ma collègue d’allemand. Nous avons déjà travaillé en binôme et même testé les cours en tandem (voir « Qui veut gagner des millions ? » ). Elle est partante, c’est la fin de l’année scolaire. Je lui commande un livre et on laisse tout cela de coté. Chacun réfléchit dans son coin.

Puis nous reprenons contact mi-Août (voir le storify de @2vanssay ). Réunion de travail le 20 août. Nous faisons une ébauche de trame de la séquence commune : contenu, mise en place… Il est décidé de prendre contact directement avec l’auteur par mail dans un premier temps puis par téléphone (tout est plus facile, elle est également joueuse de go…) . Annika Wille va donc nous envoyer deux messages audio pour se présenter et présenter le livre aux élèves. Une Dropbox est ouverte et tout s’emballe. Aurore Berton, Annika Wille et moi-même lisons les documents des uns et des autres, modifions, proposons. Du prof 2.0 quoi !

Le planning de la première séance est prêt. Nous ferons 2h ensemble nous relayant à tour de rôle suivant que le contenu plus maths ou plus allemand. Mais la confiance est réciproque et chacun se sent libre d’intervenir dans la partie dite « de l’autre ». Annika Wille est ravie et son blog en atteste: Blog de l’auteur du livre.

Au programme : lecture de la première partie du livre avec les élèves. Ils vont découvrir ces polygones colorés et aux mines réjouies. Un avant-goût avant de plonger dans l’univers des pavages du plan que nous expérimenterons à l’aide de polygones cartonnés sur les tables.

A suivre, les deux premières séances en détail.
Trop impatient ? Lisez le storify !

PS: la partie 2 de « Qui veut gagner des millions ? » est en cours de rédaction.

Visite à une classe de primaire

Dans le jargon des « Twittos » pédagogues qui font font de la Twedagogie, une telle classe s’appelle une #TwittClasse . J’aime échangé avec les collègues d’autres disciplines ou d’autres niveau. Alors là j’avais décidé de rendre visite à une #Twittamie qui enseigne en CM1 en faisant intervenir Twitter de temps à autre.

À l’aide de Twitter, j’ai fait un compte-rendu en direct avec des tweets (un live-tweet ou LT dans le jargon). J’ai ensuite organisé tout cela à l’aide Storify. Cet outil permet d’agglomérer les tweets (et pleins d’autres choses encore…)

Voici le résultat: Ma visite #ChezBrosso .

On pourra trouver des informations sur les #Twittclasses ici : http://www.twittclasses.fr/
https://storify.com/audecorbieres/premier-twittconseil-des-maitre-sse-s-de-twittclas

Projet pluri-disciplinaire maths / français

Je vais vous conter ici l’histoire d’une collaboration étrange.

Il était une fois un professeur de mathématiques et un professeur de français qui décidèrent de travailler ensemble. Bien étrange me direz-vous ? Et bien pas tant que cela. Les mathématiques utilisent le français ne serait-ce que pour s’écrire ou se parler. Quant au français, nous allons voir qu’il peut avoir besoin, des fois, des mathématiques.

Nous avions choisi une classe de 4ème car le travail s’y prêtait. L’objectif premier était de susciter l’intérêt des élèves et de décloisonner les disciplines. Cet objectif fut en grande partie atteint.

Scrabfr1

Les élèves devaient réfléchir à la façon qu’un concepteur de jeu de scrabble aurait de choisir la répartition des voyelles. Pour ce faire, ils ont étudié des textes en français puis ont observé à l’aide d’outils mathématiques la répartition des voyelles dans ces textes. Afin de sensibiliser les élèves à la notion d’échantillon et de la spécificité que peut revêtir un texte, ce sont deux textes bien particuliers qui furent choisis :

Booz endormi de Victor Hugo, ainsi que sa réécriture par Georges Pérec du groupe Oulipo : Booz assoupi.

Alors qu’une moitié de classe utilisait le tableur en salle informatique, l’autre moitié s’essayait aux lipogrammes en cours de français. Une telle étude de texte fut également proposée aux élèves suivant le cursus biculturel dans cette classe. Ce travail fut prolongé par un devoir maison en mathématiques portant sur l’étude d’un texte littéraire ou des paroles de chanson. Les résultats permirent d’établir la répartition des voyelles telle qu’on la trouve dans un jeu de scrabble français.

Les élèves ont appris à faire des statistiques descriptives, à utiliser un tableur (et ses fonctions de grapheur ainsi que les fonctions conditionnelles) mais ont également étudié deux auteurs français et ont découvert des jeux littéraires. Si tous n’ont pas apprécié de mélanger ainsi deux matières, ils n’oublieront sûrement pas que c’est possible !

Adrien Guinemer & Sylvaine Pierron.

Activité adaptée de l’ouvrage « Mathématiques et socle commun au collège » édité par le « CRDP du Nord-Pas-De-Calais – Lille » dans la collection « Repères pour agir ».

Article original publié  ici : http://www4.ac-nancy-metz.fr/clg-garang-creutzwald/ (voir Dernières infos)

Un instant de bonheur de prof de maths

Je ne résiste pas l’envie de vous raconter ce qui s’est passé ce matin dans mon cours de 6ème:

Les élèves entrent en classe. Je demande à ce qu’ils s’assoient et sortent le cahier d’exercice. Ils devaient alors recopier le titre « Jeu de Pénélope » déjà écrit au tableau. Ensuite, je leur explique que nous allons voir un nouveau jeu et que je vais leur décrire le fonctionnement.

Mnesterophonia Louvre CA7124

La main de Pablo* se lève: « Monsieur, je connais le jeu de Pénélope. »
« Ah, dis-moi donc ! Cela m’intéresse. »
-Et bien, Pénélope, c’était dans l’antiquité, elle avait dit à Ulysse que quand il reviendrait de la guerre, elle se marierai avec lui. Alors, c’est pour ça on fait les calculs et ça donne une forme de pyramide comme ça (il trace un losange dans l’air). Parce que, elle tressait le jour et puis la nuit elle redéfaisait ce qu’elle avait fait comme ça elle finissait jamais.
-Et tu te rappelles comment cela fonctionne le jeu de Pénélope ?
-Un peu.
-Alors va nous montrer avec 45.

Il est parti au tableau et a commencé. J’ai pu tranquillement vérifié les exercices des camarades. Et toute la classe a ensuite fait le jeu avec 42. En fait, Pablo connaissait le jeu de l’école primaire.

Il l’avait probablement découvert à la même période que moi puisque je tiens cela de ma formation sur le thème du calcul mental suivie l’an dernier.

Cher formateur, cher Pablo*, merci pour ce moment de bonheur que vous m’avez offert ce matin avec la complicité de Pénélope et d’Ulysse !

Au fait, pour les curieux et les collègues, c’est ça le jeu de Pénélope :

45                                      42                        42
9 x 5                                7 x 6                    14 x 3
3 x 3 x 5              ou     7 x 3 x 2       &    7 x 2 x 3
3 x 15                             21 x 2                    6 x 7
45                                       42                        42

Une décomposition en nombres premiers en somme. Une manière de faire du calcul mental autrement (et que je vous recommande) !

*: Prénom d’emprunt.

Qui veut gagner des millions ? (Partie 1)

Ce blog a été commencé aux débuts des vacances scolaires d’été. Le public cible du blog étant a priori les autres enseignants, j’ai été fort surpris de la résonance des deux premiers articles. En voici donc un troisième.

Je présente ici une séquence travaillée entre mars et mai 2013 avec une classe de 5ème. Cette séquence a germé dans ma tête suite à deux petits battements d’aile de papillon : une formation TICE avec Rodolphe Ley et Jacques Dross ainsi qu’une soirée télé sur le canapé. Dans le cadre de la formation, nous devions réaliser une séance utilisant les TICE et la présenter lors de la seconde journée de formation. J’utilise régulièrement les technologies du numérique en cours de mathématiques : diaporama, logiciel de géométrie dynamique GeoGebra, tableur, etc…

Rodolphe nous avait présenté un aspect intéressant auquel je n’avais jamais pensé : utiliser des images vidéo télévisées capturées à l’aide de l’ordinateur et réinvesties en cours. Et j’étais donc confortablement avachi devant la version allemande de « Qui veut gagner des millions ?  » à savoir « Wer wird Millionär ? » lorsque le deuxième battement d’aile de papillon s’est déclenché. Autant vous dire que le présentateur français n’a qu’à bien se tenir car il n’arrive même pas à la cheville de son homologue allemand, Günther Jauch. Voyez vous -même :

Alors ?

On s’intéresse ici à la question suivante : Qu’est-ce qui représente un quart de la longueur du corps d’un bébé et plus qu’un huitième à l’âge adulte ?
La main, la tête, la jambe ou le gros orteil ?

Dans la partie 2, je vous expliquerai comment mes élèves ont réfléchi à cette question.